La conversion du sénateur Arthur Vandenberg à l’internationalisme
Dans un article plus tôt dans la journée, J’ai mentionné que le sénateur Arthur Vandenberg (R-MI), une voix isolationniste de premier plan au Capitole dans les années qui ont précédé la Seconde Guerre mondiale, a rejeté l’amendement Ludlow comme une idée terrible. Aujourd’hui marque également l’anniversaire du discours majeur prononcé par Vandenberg au Sénat en 1945, dans lequel il renonçait à ses vues isolationnistes et exhortait le pays à adopter une politique étrangère internationaliste.
Vandenberg a passé une grande partie des années 1930 à affirmer que les États-Unis devaient se tenir à l’écart des affaires européennes. Craignant que le président Franklin D. Roosevelt soit déterminé à entraîner les États-Unis dans une guerre en Europe qui ne servirait pas les intérêts américains, Vandenberg s’est fait le champion de l’adoption d’une série de lois de neutralité à la fin des années 1930. Ces lois restreignaient les ventes d’armes et autres échanges avec les belligérants potentiels et réels, tout en refusant largement au président tout pouvoir discrétionnaire dans leur mise en œuvre. (Les actes de neutralité sont un autre exemple d’une idée de politique étrangère bien intentionnée mais finalement contre-productive.)
Même l’attaque japonaise sur Pearl Harbor n’a pas fait changer d’avis Vandenberg ni sur les motivations de Roosevelt ni sur les intérêts américains à l’étranger. Au lieu de cela, il a imputé ce qu’il a appelé « la guerre privée de Roosevelt » à la « diplomatie secrète de FDR qui pointait droit vers la guerre pendant de nombreux mois précédant » l’attaque.
Il fut donc surprenant que Vandenberg, désormais membre éminent de la commission des relations étrangères, prenne la parole au Sénat le 10 janvier 1945 pour plaider en faveur de l’internationalisme et d’un leadership présidentiel fort en matière de politique étrangère. Le site Web du Sénat sur les discours classiques du Sénat résume son discours :
Les sénateurs et les spectateurs dans les tribunes ont écouté pendant trente minutes Vandenberg… déclarer cela, même s’il avait autrefois travaillé pour limiter le pouvoir discrétionnaire du président en matière d’affaires étrangères. Il « croyait en notre propre autonomie », la « science sanglante du meurtre de masse » avait transformé la guerre moderne en « un poids lourd dévorant ». « Je ne crois pas », raisonnait-il, « qu’une nation puisse désormais s’immuniser par sa propre action exclusive. » Se retenant de condamner le projet de Staline d’ériger « un cercle d’États tampons » autour de l’Union soviétique pour empêcher une résurgence de l’agression allemande, il a suggéré la « sécurité collective » comme approche alternative. À la surprise de Roosevelt, le républicain du Michigan a offert un « rameau d’olivier » pour promouvoir une relation de travail plus étroite entre le président et le Congrès : « nous pouvons convenir », a-t-il concédé, « que nous ne voulons jamais un instant d’hésitation ou de doute quant à notre coopération militaire dans l’usage péremptoire de la force… pour maintenir l’Allemagne et le Japon démilitarisés. » Mais « il ne devrait pas être plus nécessaire de renvoyer une telle action au Congrès que le Congrès ne devrait s’attendre à adopter des plans de bataille aujourd’hui. Le commandant en chef devrait avoir le pouvoir d’agir instantanément, et il devrait agir ».
Pour exprimer le revirement de Vandenberg en termes contemporains, ce serait comme si la sénatrice Janine Shaheen (Démocrate-NH), l’actuelle membre éminente de la commission sénatoriale des relations étrangères, prenait la parole au Sénat pour approuver le rejet du droit international par le président Donald Trump et appeler les États-Unis à prendre le Groenland par la force.
La conversion de Vandenberg à l’internationalisme a contribué à persuader d’autres républicains de lui emboîter le pas et a jeté les bases d’une politique étrangère bipartite dans les années qui ont immédiatement suivi la Seconde Guerre mondiale. Six mois après le discours de Vandenberg, le Sénat a voté par 89 voix contre 2 pour approuver la Charte des Nations Unies. Aujourd’hui, bien sûr, la politique étrangère est rarement bipartite, et de nombreux Américains doutent de la sagesse de l’internationalisme défendu par Vandenberg.
(Côté historique. La base aérienne de Vandenberg ne porte pas le nom du sénateur Vandenberg. Elle porte le nom de son neveu, l’ancien chef d’état-major de l’armée de l’air, le général Hoyt S. Vandenberg. Toute une famille.)
