Thailand’s New PM Treads a Populist Path Through Controversy and Tragedy

Le nouveau Premier ministre thaïlandais emprunte une voie populiste à travers controverses et tragédies

La nomination de Srettha Thavisin au poste de Premier ministre thaïlandais en août, après trois mois d’impasse post-électorale, a suscité une vague de controverses et d’intrigues. Ancien promoteur immobilier avec une expérience politique limitée, son ascension a été marquée par une alliance inhabituelle entre son parti Pheu Thai et l’establishment politique du pays soutenu par l’armée et la monarchie. Ce partenariat a effectivement empêché le parti Move Forward (MFP), plus populaire et progressiste, de prendre le pouvoir. Pour ajouter à la complexité de la situation, son premier mois de mandat a été marqué par un incident tragique, lorsqu’un tireur de 14 ans a déclenché la violence dans le célèbre centre commercial Siam Paragon de Bangkok, faisant deux morts et six blessés.

Cependant, l’approche initiale de Srettha Thavisin en matière de gouvernance était centrée sur le concept de populisme économique, qui rappelle le style associé à l’ancien Premier ministre Thaksin Shinawatra, avec lequel Pheu Thai est étroitement associé. Srettha a présenté l’économie thaïlandaise en difficulté, qui a été frappée par la pandémie de COVID-19 et le déclin de la confiance des investisseurs, comme une « personne malade » ayant besoin de guérison. Cependant, à mesure que nous examinons les détails de sa politique et de ses déclarations, des questions émergent quant à savoir si ce populisme démodé est durable à long terme.

L’alliance de Srettha avec l’establishment soutenu par l’armée et la monarchie a fait sourciller de nombreux observateurs politiques. Pheu Thai, historiquement associé au clan Shinawatra, s’est longtemps positionné comme un contrepoids à l’establishment. L’alignement du parti sur les forces mêmes auxquelles il s’était opposé pendant des années semblait être une démarche stratégique pour prendre le pouvoir, après que les conservateurs aient refusé de soutenir un gouvernement dirigé par le MFP, mais cela risquait également de s’aliéner la base et les partisans de son parti qui s’attendaient à un changement différent. approche.

Par ailleurs, l’impact de l’alliance sur le MFP ne peut être négligé. En s’associant à l’establishment, Srettha a effectivement bloqué un parti qui avait gagné en popularité, notamment parmi les jeunes électeurs, et qui avait réussi à remporter le plus grand nombre de sièges au Parlement lors des élections générales du 14 mai. Cette décision a soulevé des questions sur son engagement envers les principes démocratiques et sa volonté d’embrasser diverses voix au sein du paysage politique thaïlandais.

L’accent mis par Srettha sur le populisme comme moyen de relever les défis économiques de la Thaïlande est un thème récurrent depuis sa nomination au poste de Premier ministre, mais des questions persistent sur le fond de sa politique économique.

Le populisme économique, tel que pratiqué par Thaksin Shinawatra pendant son mandat de Premier ministre (2001-2006), impliquait des politiques qui profitaient directement aux masses, telles que des subventions, des programmes sociaux et d’autres initiatives en faveur des pauvres. L’approche de Thaksin a réussi à obtenir le soutien des électeurs ruraux et de la classe ouvrière et l’a aidé à construire une base politique solide, en particulier dans le nord et le nord-est du pays. Cependant, cela a également soulevé des inquiétudes quant à la viabilité budgétaire et au risque de corruption et de détournement des fonds publics.

L’approche de Srettha à l’égard du populisme économique semble suivre une voie similaire. Il a promis de relancer l’économie en stimulant la consommation intérieure, en stimulant les petites et moyennes entreprises et en s’attaquant aux inégalités de revenus. Même si ces politiques peuvent trouver un écho auprès d’une partie importante de la population thaïlandaise, la durabilité de ces mesures à long terme n’est pas claire.

L’un des problèmes est l’impact budgétaire de ces politiques populistes. L’économie thaïlandaise a été durement touchée par la pandémie de COVID-19, entraînant un déficit budgétaire important. La mise en œuvre de vastes mesures populistes sans un plan clair de génération de revenus pourrait exacerber les difficultés budgétaires du pays à long terme. En outre, il existe un risque de dépendance excessive à l’égard de l’intervention publique dans l’économie, ce qui pourrait entraver la croissance et l’innovation du secteur privé.

De plus, le populisme économique de Srettha pourrait avoir du mal à s’attaquer aux causes profondes des difficultés économiques de la Thaïlande. La perte de confiance des investisseurs, par exemple, est influencée par des facteurs plus larges tels que la stabilité politique, l’État de droit et la transparence. Pour véritablement relancer l’économie, une approche globale s’attaquant à ces problèmes plus vastes est nécessaire. Un autre aspect à considérer est le potentiel de gains à court terme au détriment de la durabilité économique à long terme. Les politiques populistes donnent souvent la priorité aux bénéfices immédiats pour obtenir le soutien populaire, mais elles ne s’attaquent pas toujours aux problèmes structurels sous-jacents qui entravent une croissance économique durable. Pour que la Thaïlande prospère dans l’ère post-pandémique, elle aura besoin de réformes allant au-delà du populisme et répondant aux défis dans des domaines tels que l’éducation, l’innovation et la gouvernance.

La tragique fusillade de ce mois-ci à Siam Paragon, bien qu’elle ne soit pas directement liée à la politique économique, a des implications sur le leadership de Srettha et sur sa capacité à résoudre les problèmes urgents de la société thaïlandaise. L’incident a mis en évidence la nécessité de mesures de sécurité efficaces pour contrôler la prolifération d’armes mortelles, ainsi que de politiques sociales s’attaquant aux causes profondes de ces actes de violence.

La réponse de Srettha à la fusillade sera suivie de près par le public thaïlandais. Sa capacité à rassurer, à garantir la justice et à répondre aux préoccupations plus larges en matière de sûreté et de sécurité façonnera la perception de son leadership. Cela nous rappelle que la gouvernance ne se limite pas aux politiques économiques ; elle englobe le bien-être et la sécurité globale de la population.

À mesure que la Thaïlande avance, la voie choisie par Srettha Thavisin influencera considérablement la trajectoire du pays, et il reste incertain si son populisme à l’ancienne pourra apporter des solutions à long terme aux problèmes complexes de la Thaïlande. En effet, les défis plus profonds auxquels est confrontée la Thaïlande nécessitent une approche globale et prospective qui va au-delà du populisme, aussi populaire que ce dernier puisse être à court terme.

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