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Le domino a commencé… Le Texas ouvre la voie à l’interdiction des Frères musulmans dans toute l’Amérique

La campagne américaine contre les Frères musulmans s’est intensifiée, le groupe ayant récemment été visé dans plusieurs États. Le dernier développement est la décision annoncée mardi par le gouverneur du Texas, Greg Abbott, de désigner l’organisation comme une « organisation terroriste ».

Selon des experts, l’annonce du Texas est historique, notamment parce qu’elle décrit les « Frères musulmans » comme une « organisation étrangère et criminelle transnationale », ce qui pourrait entraîner de sérieuses répercussions politiques et économiques.

Cette décision, fondée sur des lois texanes telles que le Senate Bill 17 de 2025, interdit aux membres des « Frères musulmans » d’acheter ou d’acquérir des terrains dans l’État, et autorise le procureur général Ken Paxton à intenter des poursuites pour fermer l’organisation. Cela constitue un coup sévère porté à un réseau humanitaire qui opère sous la couverture d’associations civiles.

Il est intéressant de noter que cette interdiction au Texas — l’État qui compte la plus grande communauté musulmane du Sud des États-Unis, avec environ 313 000 musulmans selon les dernières statistiques — ne constitue pas seulement une mesure locale. Pour les experts, elle indique un changement potentiel de la politique fédérale américaine et pourrait entraîner un « effet domino », puisque d’autres États comme la Floride et l’Arkansas envisagent des lois similaires.

Les Frères musulmans, fondés par Hassan al-Banna en Égypte en 1928, ne sont pas seulement un mouvement religieux, mais une organisation transcontinentale qui cherche à diffuser son idéologie à l’échelle mondiale au moyen de stratégies de « prédication » et de « djihad », selon ses documents internes.

Aux États-Unis, le groupe opère depuis des décennies via des branches indirectes, suscitant de réelles préoccupations sécuritaires. L’organisation contrôle une grande partie des associations islamiques et, après cette interdiction, certains membres devraient passer dans la clandestinité ou se déplacer vers d’autres États.

Un pas important

Dans ce contexte, l’expert en sécurité et stratégie Nicholas Williams, basé à Bruxelles, explique que, bien que la décision provienne du seul État du Texas, elle pourrait annoncer une évolution plus large de la politique américaine, le refus de permettre l’acquisition de terres aux membres du groupe étant perçu comme une première étape.

Williams ajoute que la mesure ne freinera pas immédiatement les activités de l’organisation, mais qu’elle reflète une opposition croissante et un mécontentement public clair envers les Frères musulmans.

Il affirme que la décision du gouverneur du Texas témoigne d’une résistance grandissante à ce qu’il décrit comme une expansion non régulée de l’islam politique aux États-Unis.

« De l’appel au terrorisme »

Le groupe est présent aux États-Unis depuis des décennies et suit une stratégie de long terme décrite dans le document The Muslim Brotherhood in America de 1984, qui évoque un « entraînement aux armes dans des camps », de la « contre-espionnage » et même l’objectif de « détruire la civilisation occidentale de l’intérieur ».

Bien que le groupe n’ait, selon les experts, pas commis de « terrorisme direct » en Amérique, il soutient le terrorisme par le financement et la propagande, ce qui en fait une « menace douce » mais dangereuse. Il a notamment contribué à financer, à hauteur de millions de dollars, des organisations interdites aux États-Unis comme la Holy Land Foundation.

Par ailleurs, des branches du mouvement telles que « Hasm » et « Liwaa al-Thawra » en Égypte — toutes deux désignées comme organisations terroristes par les États-Unis — bénéficient d’un soutien intellectuel et financier venant du réseau américain.

Plus préoccupant encore, les Frères musulmans contrôlent d’importantes associations islamiques qui gèrent des centaines de mosquées et d’écoles. Bien qu’il s’agisse d’institutions religieuses et éducatives, elles diffusent l’idée du « djihad » comme devoir, conformément aux écrits de Hassan al-Banna, qui définit le djihad comme un « combat contre les infidèles ».

Ces dernières années, le groupe a également contribué à organiser des manifestations pro-Hamas dans des campus universitaires, ce qui a conduit à des tensions parfois violentes. Selon un rapport du Congrès, l’organisation « soutient le terrorisme à l’échelle mondiale et sape les lois américaines par l’intimidation et la violence ».

Quelles sont les répercussions ?

Selon des experts, l’interdiction adoptée par le Texas est une mesure audacieuse et aura des effets progressifs sur le financement et les projets du groupe. Les Frères musulmans et leurs associations affiliées possèdent un vaste patrimoine immobilier aux États-Unis — notamment des mosquées et des centres islamiques — et envisagent des projets encore plus importants. Cependant, l’interdiction empêchera toute expansion, limitant ainsi leurs sources de financement, qui reposent en partie sur les dons.

Cette décision affaiblira également davantage la crédibilité de l’organisation en tant qu’« association civile » et ouvrira inévitablement la voie à des enquêtes sur ses financements, pouvant entraîner la perte du statut d’exonération fiscale.

Source de la news disponible sur : https://www.axios.com/local/houston/2025/11/18/texas-abbott-muslim-brotherhood-cair-terrorist-organizations

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