The Battle to Restore Public Trust in Malaysian Media

La bataille pour restaurer la confiance du public dans les médias malaisiens

En février 2024, le gouvernement malaisien libéré une version révisée Code de déontologie du journalismeaffirmant qu'il fallait s'adapter à la défis des médias sociaux et enjeux contemporains. La dernière révision soulève des questions quant à son efficacité et à son impact potentiel sur la liberté de la presse.

Le gouvernement a souligné qu'il ne s'agissait que de lignes directrices qui ne restreindraient pas la liberté d'expression, mais serviraient de base au gouvernement pour délivrer des laissez-passer aux médias, permettant aux journalistes d'accéder au Parlement et aux événements officiels du gouvernement.

Le code inclut des changements positifs et importants, tels que l'appel aux journalistes d'éviter les préjugés personnels, de respecter la confidentialité des sources et de refléter la diversité des voix de la Malaisie. Cet accent mis sur l’inclusivité est particulièrement opportun compte tenu des tensions raciales croissantes dans le pays.

Cependant, le code révisé ne parvient pas à répondre à l’impact crucial des médias sociaux. De nombreuses rédactions, confrontées à des ressources en diminution et contraintes de concurrencer les médias sociaux, peinent à maintenir des normes journalistiques élevées.

Codes internationaux d'organisations journalistiques établies telles que le Société pour le journalisme professionnel et le Fédération internationale des journalistes abordent souvent ces problèmes en soulignant la nécessité d’une vérification minutieuse et d’un contrôle des faits avant de publier. Le code malaisien, malgré prétend le contrairene dispose pas de ces dispositions cruciales.

L'ambiguïté du code soulève également des inquiétudes quant au contrôle gouvernemental. En tant que base de délivrance des autorisations d'accès aux médias, elle accorde au gouvernement un pouvoir important pour révoquer l'accès en cas de violation présumée. Cela pourrait éroder la confiance du public dans les médias réputés avoir « enfreint » le code ou ceux perçus comme étant favorables au gouvernement en place.

Les médias sont du mal à gagner la confiance des Malaisiens, en partie à cause de l'application incohérente de l'éthique journalistique par les différents médias. De nombreuses associations de médias ont leurs propres codes, dont beaucoup sont vagues et non appliqués.

Le manque de confiance pourrait également provenir de problèmes passés. Des années de régime autoritaire sous Barisan National a donné lieu à des lois restrictives sur les médias, contrôle politique des médias privés et le harcèlement des journalistes (le plus tristement célèbre était le Opérations Lalang). Pendant trop longtemps, l'ingérence politique dans les médias a affecté non seulement la qualité de l'information, mais aussi la confiance du public dans les médias.

La clé pour rétablir la confiance réside dans la réduction de l’influence du gouvernement et dans la possibilité pour les médias de s’autoréguler.

En 2019, le gouvernement malaisien dirigé par Pakatan Harapan a annoncé son intention de former un conseil des médias et de permettre aux médias malaisiens de s'autoréguler. Ce conseil a connu de sérieux revers, avec peu de progrès dans son développement. La première proposition sera enfin prête être déposé au Parlement le mois prochain. Si le conseil proposé est institué, il disposera alors de son propre code d’éthique pour réglementer et gérer les médias locaux, ce qui entraînerait davantage de confusion et de redondance avec le nouveau code d’éthique.

Un code d’éthique journalistique ne peut pas être appliqué par un gouvernement dans la mesure où il lui confère un contrôle excessif sur les journalistes et étouffe tout contrôle. Un code d’éthique bien conçu, convenu entre les médias eux-mêmes, peut encore être appliqué et élever les normes du journalisme ; les médias peuvent réprimander publiquement tout média qui enfreint le code d’éthique.

Ainsi, pour que les médias malaisiens puissent se sauver, ils doivent activement faire pression en faveur de la formation d’un conseil des médias indépendant et d’un code d’éthique solide. Ce code devrait définir clairement les rôles et responsabilités des journalistes et être applicable par le conseil lui-même. Les membres pourraient inclure des journalistes et des représentants de la société civile et du gouvernement, afin de garantir la participation de tous les segments de la société malaisienne.

Les médias malaisiens sont confrontés à une bataille difficile pour regagner la confiance du public, mais la création d'un organisme chargé de superviser l'éthique est une première étape importante et nécessaire.

Publié initialement sous Creative Commons par 360infos™.

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